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Le prix à payer pour s’opposer aux exactions des entreprises transnationales canadiennes à l’étranger

by Leila Celis - PASC


En Colombie, Dario Cárdenas, dirigeant régional du syndicat des travailleurs du pétrole (USO), a été arrêté le 2 novembre dernier. Campo Elias Ortiz, José Dilio, Dario Cardenas, et Hector Sanchez, leaders communautaires et syndicaux ont été emprisonnés le 4 décembre 20131. Ils sont accusés d'obstruction de la voie publique, de violations au droit du travail, de menaces, de séquestration aggravée et d’association de malfaiteurs : des charges graves, passibles de 40 à 60 ans de prison, tout cela pour leur rôle dans le conflit de travail les opposant à l’entreprise canadienne Pacific Rubiales Energy et pour avoir osé témoigner publiquement.

J’ai rencontré Campo Elias Ortiz, José Dilio, Dario Cardenas, et Hector Sanchez, en juillet 2013 à Puerto Gaitán durant le Tribunal populaire auquel j’ai participé comme membre de la délégation québécoise. Ces dirigeants sociaux, travailleurs souriants et humbles, avaient l’espoir qu’en nous racontant leur réalité et en nous apportant les preuves des humiliations imposées par la compagnie canadienne, nous pourrions faire quelque chose pour mettre un terme aux injustices dont ils sont victimes.

La Pacific Rubiales Energy est une compagnie enregistrée à Toronto. En Colombie, elle opère notamment le champ pétrolier le plus important du pays situé dans la région du Puerto Gaitán au Centre-Sud du pays. Dans cette enclave pétrolière, plus de 10 mille ouvriers sont entassés dans des camps où les conditions de logement et de salubrité ne respectent pas les normes nationales et internationales. Avant que l’USO ne fasse pression pour faire changer la situation, la compagnie canadienne ne payait aux travailleurs de Puerto Gaitán qu’un quart du salaire reçu par les travailleurs de l’industrie du pétrole dans le reste du pays. Les contrats de travail sont précaires, 21 jours renouvelables. Ils ont été un véritable outil pour mater le syndicat lors du conflit syndical de 2011. En effet, la compagnie n’a renouvelé aucun des contrats des travailleurs qui s’étaient affiliés au syndicat : le nombre d’affiliés à l’USO est ainsi passé de 3000 à moins de 100… en 21 jours!

Malgré tout, les travailleurs ont continué de protester, de bloquer des routes, de tenir des lignes de piquetage et de réclamer des conditions de travail dignes ainsi que le respect de leur droit à se syndiquer. Pour toute réponse, ils n’ont obtenu que répression. Plusieurs travailleurs ont été blessés lors de l’intervention musclée de l’Armée. Un militant a été assassiné après avoir reçu des menaces de mort pour son activité syndicale, comme l’a signalé la CSN dans un communiqué du 8 décembre, « Non seulement les travailleurs affiliés au syndicat pétrolier national font face à des menaces et à de l'intimidation, mais l'un d'entre eux, Milton Riveras, a carrément été assassiné en décembre 2012 »2.

Le sort subi par ces syndicalistes me fait penser à Kimy Pernía Domicó, leader autochtone colombien qui était venu à Ottawa en 1999 pour témoigner devant le Comité Permanent des relations extérieures et du commerce international du Canada, sur les effets néfastes du barrage hydro-électrique Urra I, construit sur les terres des autochtones Embera Katio, dans la région d’Uraba et financé en grande partie par la canadienne Export Development Corporatión3. Kimi Pernía Domicó a été enlevé le 2 juin 2001 puis assassiné et sa dépouille a été, selon un commandant d’un groupe paramilitaire d’extrême-droite, jeté dans un fleuve.

Lors du débat sur l’accord de libre-échange entre le Canada et la Colombie (ALECC) ratifié en 2010, le Gouvernement canadien s'est engagé à promouvoir le respect des droits de la personne dans ce pays tristement connu comme étant le plus dangereux pour l'activité syndicale. Depuis « certains investissements canadiens ont contribué à aggraver la difficile situation des droits humains »4.

Au printemps 2014, débutera à Montréal un Tribunal permanent des peuples préparé par des organisations sociales, académiques, environnementales et de droits humains pour juger les compagnies minières canadiennes partout dans le monde. Que faut-il faire pour que le sort réservé aux victimes des entreprises canadiennes qui oseront venir témoigner soit meilleur que celui qui a été réservé aux membres de l’USO ou à Kimy Pernía?

 


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