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Le rôle idéologique du néo-malthusianisme


Ces dernières années ont vu un renouveau de l’idéologie néo-malthusienne dont la classe dominante se sert contre le prolétariat. Elle est utilisée pour justifier l’imposition de mesures d’austérité avec l’argument selon lequel le niveau de vie "confortable" (c’est-à-dire un pouvoir d’achat suffisant pour obtenir les nécessités basiques telles que la nourriture ou l’électricité) de fractions du prolétariat du monde développé exerce une pression insoutenable sur la biosphère et menace la survie à long terme des espèces. Un véritable problème – la destruction de l’environnement naturel dont dépend l’existence de l’humanité – est ainsi présenté d’une manière mystifiée selon laquelle la population humaine comme un tout porterait une égale responsabilité. Le but de cette mystification est de cacher le fait que c’est l’obsolescence du capitalisme qui menace l’humanité par la guerre et la destruction écologique ; et ainsi de protéger les privilèges de la classe capitaliste et de son existence parasitaire. Tout cet exercice exige un niveau honteux de malhonnêteté intellectuelle. Ce n’est donc pas une surprise si les apologistes de la classe dominante adorent tant cet « avocat acheté, plaidant la cause des ennemis du peuple, thuriféraire éhonté des classes dirigeantes » [1], le pasteur Malthus.

La transition du capitalisme de sa phase historiquement progressive par rapport au féodalisme à sa phase actuelle d’obsolescence historique exigeait aussi une transformation idéologique. Alors qu’au 19e siècle, les économistes bourgeois tel Ricardo pouvaient dans une certaine mesure être impartiaux dans leur argumentation car cela leur permettait, par exemple, de démontrer le rôle réactionnaire joué par l’aristocratie foncière, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Selon Marx, alors que Ricardo voulait la production pour la bonne marche de la production et voyait son potentiel révolutionnaire, Malthus utilisait les prémisses scientifiquement établis pour arriver à des conclusions qui étaient acceptables pour l’aristocratie ou bien pour l’aristocratie et la bourgeoisie ensemble contre le prolétariat et ne désirait la production capitaliste que dans la mesure où elle pouvait assurer une existence confortable aux fractions les plus réactionnaires et parasitaires des classes dominantes, à savoir l’aristocratie et leurs valets dans l’Église.

« Ricardo défend sans égard pour qui que ce soit la production bourgeoise, pour autant qu’elle signifie le développement sans frein des forces productives sociales. Peu lui importe dès lors le sort des agents de la production, capitalistes ou ouvriers. Il s’en tient au droit historique et à la nécessité de ce stade de développement. (…) Malthus souhaite la production bourgeoise, pour autant qu’elle n’est plus révolutionnaire, ne constitue pas une force de progrès historique et fournit simplement une base matérielle plus large et plus commode à la ’vieille’ société » (idem, p. 293).

Maintenant que le rôle révolutionnaire du capitalisme s’est épuisé, l’impartialité apparente vis-à-vis du développement historique de la société n’est plus admissible. L’attachement à l’objectivité et au matérialisme ne l’est pas plus. Alors qu’un matérialisme conséquent est toléré quand son application est réduite et indispensable comme en science et en technologie où il permet la production de produits commercialisables et l’augmentation de la productivité du travail, on se dispense de son application quand il faut étudier la société comme un tout. Car la conclusion qu’il faudrait en tirer serait que le développement du capitalisme représente une période transitoire de l’histoire qui, bien que nécessaire pour créer les moyens matériels pour une société d’abondance matérielle, ne peut pas au final disposer rationnellement de ces moyens – c’est-à-dire qu’il ne peut pas libérer tout le potentiel productif de l’humanité pour satisfaire les besoins humains. C’est pourtant techniquement possible à réaliser d’une manière qui protège simultanément l’environnement naturel alors que celui-ci est aujourd’hui asservi aux besoins de l’accumulation du capital. Donc, alors que la société moderne dispose de la science, elle n’est pas vraiment scientifique. La science est complètement dominée par le capitalisme et est tolérée que dans des limites étroites. En-dehors de ces limites, c’est-à-dire quand on en arrive à la compréhension des rapports matériels et sociaux qui sont à la base de la société comme un tout, les idéologues bourgeois n’ont d’autre ressource que le subjectivisme et la réification.

La réification se réfère à la tendance des économistes et idéologues bourgeois à transformer les rapports sociaux, institutionnels et de classe en des catégories universelles et des lois naturelles éternelles. Cette tendance est typique de l’activité intellectuelle sous le mode de production capitaliste. Les idéologues bourgeois travaillent dans un sens complètement opposé à l’actuel développement historique ; ils adoptent les catégories sociales capitalistes comme données, comme la prémisse du développement historique, et ils en déduisent le développement historique à partir de ces prémisses qui sont supposées avoir existé de toute éternité comme des lois naturelles. Ainsi, Malthus voit la pauvreté généralisée, la misère, les maladies, les conditions insalubres de travail, et il défend qu’elles sont le résultat de la loi naturelle qui pousse toute vie à se reproduire plus vite que le rythme de croissance de la production agricole ou, dans sa version moderne, au-delà de la capacité limite de l’écosystème dont nous dépendons. Ces phénomènes sociaux indésirables qui sont les résultats concrets des rapports sociaux capitalistes, se transforment en la conséquence lamentable mais finalement bénéfique d’une loi naturelle – la croissance démographique effrénée – qui caractérisent tous les êtres vivants. Sous la critique cinglante de Marx, « le fameux principe naturel de la population de Malthus retrouve la place qu’il mérite : c’est un effet variable, la cause étant les conditions économiques de chaque mode de production spécifique » [2]. Cependant, la réification ne doit pas être réduite simplement à une perception incorrecte de la réalité. Elle sert un objectif défini pour la classe dominante.  suivre  http://www.igcl.org/Le-role-ideologique-du-neo

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